Transmusicales de Rennes 47 ème édition Samedi 06 décembre 2025.
C’est le troisième et dernier jour des Transmusicales. Je ne développerai pas mon après midi à la salle Le Liberté ou se succéderont dans une enceinte pleine et gratuite, les groupes aux styles variés que sont, Cocanha, Zombie et les locaux de Margaret Tchateuse.
Revenons plutôt sur l’apparition enchantée à 21h30 du trio français Eat-Girls devenu pour cette soirée sextet. Leur mission, revisiter leur premier album Area Silenzio sorti en novembre 2024 sur le label Bureau B en y ajoutant batterie, violon, vents et objets sonores (roue de vélo) pour déstructurer et enrichir les compositions originales.
Cette nouvelle formation met en avant le minimalisme et le jeu de répétition et d’harmonie du groupe.
Malgré la transformation, l’essence du trio reste présente, notamment dans la fusion de leurs trois voix, au cœur d’une musique pop, tendre et énigmatique. Area Silenzio, premier album d’Eat-Girls, est un recueil envoûtant de dix compositions électroniques. En concert, la boîte à rythmes est remplacée par une batterie, les nappes dub langoureuses de la basse sont soutenues par un saxophone et les textures espiègles s’évadent à l’aide d’une flute traversière. Le synthétiseur d’Amélie Guillon libère des vagues minimalistes en digne héritière d’un Dominique A.
La voix posée de Elisa Artero Flores sonne en Allemand ou en espagnol. L’absence de compréhension de ces paroles ajoute au mystère, la lenteur des mouvements de la féline chanteuse complète l’envoutement du public attentif.
Les autres, se perdront parfois dans les méandres de ces compositions la fois intimes et puissantes quand Maxence Mesnier passe du violon à la basse. Un concert qui s’appréciera sur la longueur avec une fin particulièrement bonne sur le morceau « earthcore » très Dead can Dancien.
A moins que ce ne soit, un autre titre, je ne sais pas, à vous de me le dire.
Un groupe en tous cas singulier qui expérimentait cette formule de recomposition pour la seconde fois en un an, en attendant, je l’espère un prochain album.

Il m’aura fallu attendre ce Samedi 06 Décembre 23h10 pour être contrôlé par la marée chaussée ou plus exactement par le douanier Grenzkontrolle aux 47ème Transmusicales.
Ne vous inquiétez pas ! ici pas de suspension de permis ou de cases prisons, mais 45 minutes de musique enjouée.
Vous êtes d’abord séduit par l’esthétisme du groupe. Don L. Gaspár Ali, le leader porte un chapeau feutre du plus bel effet, surmontant un costume 3 pièces. Pas de Crooks, mais de belles chaussures blanches. La cravate portée par le guitariste Tybalt Bischoff confirme la recherche d’esthétisme, complétée cette fois, par d’énormes bagues . La batteuse Lara Melissa Roth, elle, ne laisse dépasser de ses futs qu’une jolie coiffure afro hawk frisée et des yeux cachés par des lunettes de soleil. Le 4ème homme le bassiste Klaus Bouwer, est affuté dans son costume filiforme.

Le quatuor allemand était annoncé comme un groupe passé des manifestations non-violentes à un punk rageur et revendicatif, avec un son mêlant les influences de la Neue Deutsche Welle des années 80 (de « 99 Luftballons » à « Da Da Da ») et la fougue du rap de Public Enemy. Je m’attendais donc à quelque chose de particulièrement intense.
Je me retrouve finalement et avec une certaine surprise, face à un concert davantage porté sur l’échange que sur la rage du punk, sans en comprendre un seul mot. Sept années d’allemand pour en arriver là ! je ne peux pas dire que j’en sois très fier.
Ce n’est pas si grave si les messages « politiques » m’échappent. J’observe surtout une détente progressive, depuis le moment où Don L. Gaspár Ali allume sa cigarette « magique » jusqu’à la fin du concert, où il s’hydrate régulièrement pour retrouver le sens du rythme et conclure un spectacle finalement assez sympathique, bien que terminé un peu brusquement.

EP EDELWEIß en 2025 chez Bodenlos Records.
Pas le temps de voir la fin, je migre en Italie pour la fin des 3 titres autorisés de Mind Entreprises, les seuls à avoir restreint les gentils photographes en Crash barrière.
L’allemand est finalement plus détendue que l’italien disco, quand il s’agit de se faire flasher à 130 bpm.

00h50 Parce qu’ils faut bien terminer cette 47ème édition, faisons le avec le son froid et le ciel arctique rouge des The Family Men.
Le quintet suédois de Göteborg joue un funky noise intense et bruitiste. Leur musique est un mélange punk, noise, hardcore et metal electro-industriel, menée par le chanteur Gustav Danielsbacka . Leur son combine guitare, groove basse/batterie, sons électroniques et hurlements saturés de quoi tenir jusque 01h40 sans prendre de café.
Merci à mon camarade du soir, chroniqueur aux cheveux longs, de m’avoir parlé des suédois, j’ai pu de ce fait conclure en beauté et en torticolis prononcé cette édition des Trans.
Il faut prendre des risques dans la vie, mais pas trop ! et ce n’est pas le grand Gustav qui me dira le contraire, lui qui sautant le Crash barrière s’est rétamé sur un sol plus dur que la glace suédoise.
Moi, des risques, je n’en ai pas pris beaucoup.
Restant essentiellement au Hall 4 , me pressant de temps en temps vers le 5, timidement vers le 2 et peut être pas une seule fois vers le 8, je suis resté finalement dans ma zone de confort.
C’est grave Docteur ? Non je ne crois pas et mon esprit est suffisamment curieux pour vous donner rendez-vous du 2 au 6 décembre 2026 pour la 48e édition des Rencontres Trans Musicales de Rennes.
Je m’aventurerai dès lors peut être en terre inconnue.

The Family Men ont sorti l’album No Sound Forever en 2024 chez Harmful Records.