Pies Pala Pop Festival #5 : 13 Juin 2026 Jour 2
Les Pies chicaillent ça se dit comment en Autrichien? « Die Elstern streiten sich », ou comment commencer cette seconde soirée du festival en toute timidité, avec Lisa Obereder du groupe Paloma OO4.
En 2025, le quatuor a dévoilé son premier album, Alles fängt neu an, publié par le label indépendant Fettkakao. À travers dix morceaux, le groupe alterne avec brio entre power pop lumineuse et indie rock mélancolique, porté par des mélodies accrocheuses, la voix douce et sensible de Lisa ainsi que des chœurs soignés. Un premier disque particulièrement attachant, dont l’efficacité ne se dément pas au fil des écoutes. Sur scène, Paloma 004 conserve cette élégante nonchalance tout en déployant une énergie chaleureuse sur la fin de set.

BRNDA est mon groupe chouchou de ce week-end. Du Snack punk, Arty à souhait, avec cette petite folie dans la moustache qui fait la différence. Le quatuor originaire de Washington DC formé au début des années 2010, est composé de Leah Gage (chant, batterie, percussions, synthétiseur), Dave Lesser (chant, guitare, clarinette), Mark McInerney (chant, guitare) et Nick Stavely (chant, basse).
Leur musique mélange avec inventivité l’art-punk, l’indie rock, le post-punk, la twee pop et bien d’autres influences, alternant morceaux pop accrocheurs, explosions punk et ballades psychédéliques (albums Do You Like Salt? (2021) et Total Pain (2025)
Le groupe se distingue aussi par des paroles pleines d’humour et d’absurdité, abordant des thèmes variés comme l’existentialisme, la nourriture, le tennis ou encore la critique des zoos. Un mot d’ordre aucune reprise et aucune chanson d’amour dans son répertoire.
Une bonne discussion avec 3 d’entre eux au Merch confirme le fait que la moustache est un atout dans l’approche de la langue française et que derrière un côté pince sans rires se cachent des musiciens talentueux et originaux, aussi bien intéressés par la langue bretonne pratiquée par mon fils que par leur mini tournée qui les mène à Fougères. Ou ça? « la salle Le Coquelicot » joliment prononcée en français par Leah.
Le Vinyle dédicacé est acheté et au chaud dans le tote bag, le pick de Nick ( médiator) dans la poche et l’envie de faire jouer ses 4 là au fond de mon jardin me prend comme un rêve américain.
Qui sait ?

Après la mise en pause de son groupe Beak>, le bassiste et compositeur Billy Fuller a puisé dans plusieurs années d’enregistrements réalisés en solitaire pour donner naissance à son premier album sous son propre nom, Fragments, paru chez Invada Records. Sélectionnés parmi des dizaines de compositions, les seize morceaux retenus forment un ensemble cohérent et immersif où se rencontrent krautrock, pop expérimentale et atmosphères électroniques mystérieuses. Sur scène, Billy Fuller présente ce projet en trio, accompagné d’Andy Sutor et Joe Charsley Smith. Une master classe de basse avec un Billy Fuller enjoué, arborant le maillot jaune des Pies qui chicaillent, me donnant envie de jouer le morceau Bonanza. Une semaine après c’était chose faite mon professeur de basse m’écrivant la partition du dit morceau, joli exercice.

Originaire de Philadelphie, Eraser réunit des musiciennes issues de plusieurs groupes de la scène indépendante locale autour d’une même passion pour le DIY, l’énergie collective et les musiques aventureuses. Leur son mêle avec brio post-punk, no wave et rythmiques dansantes, entre guitares rugueuses, basses entraînantes, synthés décalés et chant à l’ironie mordante. Sorti en 2025 chez Siltbreeze Records, leur premier EP Hideout révèle un groupe aussi incisif qu’addictif, capable de conjuguer tension punk et irrésistible envie de danser. Elles auront bien mérité les applaudissements du public vu la durée de leur présence au merch et les sourires de leur chanteuse Sonam Parikh tout au long de ce concert.

Pour clôturer ce Pies Pala PoP # 5 en opposition à la douce folk de Dana Gavanski, le post punk électronique de Bound By Endogamy. Le duo suisse formé à Genève en 2019 par Kleio Thomaïdes et Shlomo Balexert mélange l’EBM, le synth-punk et les influences industrielles, avec une formule scénique minimaliste : batterie, sampler et chant. Le duo s’impose avec des productions abrasives et habitées, dont l’album Steamy Highways Have No End (2025).
Un chao bleu vert qui fait écho au rouge vif des catalans de Dame AREA. On aime ou on déteste, à vous de décider.

Les bouchons d’oreilles sont à terre et nous applaudissons une nouvelle fois le choix de programmation des Pies qui chicaillent .
Ca Jacasse, ca Fracasse ca s’appelle Reviens y ( dès l’année prochaine promis).