La Route du Rock #34 Mercredi 12 Août : une éclipse Irlandaise.

J Zéro. Quand l’éclipse reste éclipsée par la musique.

On ne se refait pas, même si cela n’arrive que tous les 30 ans, on n’a pas pu s’empêcher de descendre en sous sol de la Nouvelle Vague, chercher d’abord de la fraicheur, puis ensuite une vague de chaleurs successives.
20h : Ouverture des portes, petite affluence et quelques Anglais (roadies et musiciens) côté rue à scruter le soleil se faire croquer par la lune. Sexe, drogues et Rock’nRoll ? En attendant ce n’étaient pas les Ray bans qui étaient sur le nez, mais les précieuses lunettes pharmaceutiques que votre serviteur a gentiment prêté à un trio débarqué de la planète Mars, en recherche d’émotions astronomiques : « C’est où l’éclipse ? dans ton C… Ciel! Regarde ! « Ouah! Génial! »

Et voilà, comment développer une passion pour les sciences chez la Génération Z. « Merci Monsieur! » « De rien les jeunes ! ».
La sécurité du site vérifiant scrupuleusement l’état de mon sac photo à chaque sortie de salle, j’ai donc limité les vas et viens et devrais attendre 30 ans de plus pour voir à nouveau la lune manger le soleil à 94%. D’un oeil et sans lunettes, car en 2056, avec une ouie à 10 % et deux cristallins secs, au mieux j’y serai et je ne m’en souviendrai pas le lendemain, au pire ( à vous de deviner !).

Le pire n’étant pas obligatoire, c’est comme prévu avec Elias Rønnenfelt, le chanteur et auteur danois du groupe post-punk Iceage que nous ouvrons cette 34 ème édition de la Route du Rock. L’expression « mouiller sa chemise » et « remercier son public » seront de bon usage pour cette prestation indie rock en trio, guitare et voix rafraichissante à souhait. Rien de très neuf au soleil, mais on s’enfiche il a disparu. La lumière fera bientôt place au ciel rouge flamboyant et aux températures caniculaires des 2 concerts à venir.

C’est maintenant Just Mustard, Le quintette irlandais, qui attire l’attention des spectateurs indie-pop avides de sensations shoegaze et de voix féminines.

Comme a pu me le dire le Monsieur de Haute Savoie, que j’ai rencontré dans la vrai vie (très sympathique follower), Just Mustard est le mélange parfait de My Bloody Valentine et de Cocteau twins. Une dizaine de décibels en moins que le premier groupe cité, la bonne idée de ne pas tourner le dos à son public et la voix cristalline et envoutante de Katie Ball en plus.

Les yeux de biches de la jeune irlandaise semblent sous l’effraye des guitares saturées et de la lourde batterie qui caractérise ce son déjà singulier pour les plus adeptes (dont je fais partie).
Pour peu que David Noonan (chant et guitare) prête sa voix et complète à la perfection le duo et une impression de flottement règne dans la salle. Nous voilà en suspension dans un air à 40°c ou la chimie des sons se mêlent à celles des lumières bleues et violettes.

Alchimie parfaite, qui conduira à produire à qui veut une pierre philosophale ou un élixir de longue vie musicale.
Quelques larsens et une timidité apparente de Katie seront vite gommées par les sourires des auditeurs du premier rang, dans une salle désormais très bien remplie, vibrants aux couleurs vertes de l’Irlande.

Un petit pas pour Gurriers, un réchauffement atmosphérique immédiat, hier soir à la Nouvelle Vague St Malo. Les Irlandais ont enflammés le ciel et fait exploser le thermomètre. Quand la petite bande Irlandaise part à la conquête de Mars, le dieu de la guerre des Pogos n’est jamais très loin. Au rouge on slamme, au vert on va se coucher.

Fin de la 1ère soirée, chaude, chaude de la LA ROUTE DU ROCK version canicule.

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