Transmusicales de Rennes 47 ème édition Jeudi 04 décembre 2025.

Dans un monde instable et fragmenté, les Rencontres Trans Musicales défendent depuis 46 ans une vision opposée : celle de la rencontre, de la diversité et du partage. Le festival veut rassembler des personnes différentes autour d’un voyage musical sans frontières, où l’on découvre des cultures, des langues et des sensibilités variées.

Pour cette 47 ème édition, 77 artistes issus d’environ 40 pays se sont produits, formant une véritable « tour de Babel » où se sont côtoyées une vingtaine de langues et une grande diversité stylistique.

Et c’est parti pour moi avec ce rendez vous devenu incontournable de Décembre. Le bal est ouvert par Jean Louis brossard et les inter-plateaux de Liza Liza , en tous cas du côté du Hall 4, ou il semble bien que je vais passer, un maximum de temps.

La faute à qui ? à mes cheveux blancs et à ceux des artistes qui vont s’y succéder, en tous cas jusque 23h30 en ce Jeudi 04 Décembre. Un petit air de Francofolies , pour les spectateurs mal renseignés qui découvrent de loin l’américain Kevin Litrow alias LITRONIX et le confondent instantanément avec Wiliam Scheller ! A moins que ce ne soit feu Michel Serrault? Allons clap de fin, un peu de sérieux ! Vous apprendrez donc ,que le soliste Kevin Litrow mêle synthés analogiques, guitares microtonales, loops et voix organiques.
Son style oscille entre électro-pop expérimentale, rétro-futurisme et rythmes hypnotiques .
Sa performance live mêle machines, chant et danse robotique pour un rendu très visuel. Une allure soignée et une prescription médicale qui fait du bien, la première pilule de ce rendez vous des Transmusicales s’avalent aisément.
La (bonne) musique est une thérapie , prédiction du Docteur LITRONIX avec son dernier album « One a Day Keeps the Doctor Away »

Première française. Dirigé par Will Greenham et Anoushka Helm, Blind Yeo se compose d’un groupe de membres issus de son esprit collectif. Le projet a vu le jour dans le calme et la solitude du confinement, avant de prendre vie lors d’une résidence créative explosive en Cornouailles. Depuis, le groupe s’est transformé en un carnaval psychédélique de sons qui s’apprécie mieux en live, comme l’a prouvé le set coloré et sautillant de ce jeudi. 30 minutes de découverte avant de rejoindre le Hall4 pour sa new wave 80 ‘s.


Vous avez parlé d’esthétisme. Moi je vous parlerai de simplicité et de marqueur de temps.
Je ne connais pas personnellement Alain Seghir, mais j’ai eu la chance de le croiser cet été et d’échanger avec lui quelques mots. Il m’expliquait alors qu’il n’avait pas du tout prévu le succès de l’époque et surtout qu’à l’évocation du nom de son groupe MARTIN DUPONT, de nombreux groupies hurleraient « culte » 40 ans plus tard.
Pas de calcul chez cet homme là ! mais l’histoire d’un rendez vous musical à l’esthétique réussie et un succès qui dépassera largement les frontières hexagonales.
En le recroisant ce soir,avant concert, c’est tout simplement qu’il me sourit et me serre la main. Pas de showbizz chez cet homme là, qui ce soir, pour sa « 1ère aux Transmusicales » a un peu plus d’appréhensions que lors de sa tournée aux US. Il faut dire qu’il joue en terrain conquis, « à domicile » pour un public eennais qui dominait la Ligue musicale au tout début des années 80, à moins que ça ne soit la fin des années 70 !
Un peu d’histoire : né à Marseille dans les années 80, Martin Dupont est un groupe post-punk/new wave singulier porté donc par Alain Seghir de Brigitte Balian et Beverley Jane Crew . Leur musique sombre, sensible et hypnotique marque durablement les esprits, notamment avec des titres comme Inside Out ou Just Because…, avant leur séparation en 1987.
Longtemps confidentielle, leur œuvre devient culte au fil du temps, en grande partie grâce aux rééditions du label new-yorkais Minimal Wave.

Aujourd’hui, le groupe renaît dans une formation renouvelée. Le projet repose sur son noyau historique, Alain Seghir et Beverley Jane Crew ( au Saxo) , rejoints par trois nouveaux membres :
Sandy Casado, Thierry Sintoni et Ollivier Leroy, qui apportent une nouvelle dynamique en studio comme sur scène.
Leur influence connaît un fort regain, présente dans la mode, au cinéma, et confirmée par leur nouvel album « You Smile When It Hurts » sorti le 17 octobre 2025, .

C’est donc avec un plaisir partagé par des quinquas ( à moins que ce ne soient des sexagénaires), que j’assiste, aux retrouvailles pour certains, et à ma découverte live de MARTIN DUPONT.
Entre héritage et modernité : synthés vintage, touches orchestrales et production actuelle.
Ce soir MARTIN DUPONT nous propose une expérience atmosphérique, où volutes de fumée côtoient atmosphère de ciel rouge, danses gothiques aux mouvement de bras mystiques et plaisirs (d’une autre époque) partagés. A l’issu de ce concert , il me semble que cette vision artistique qui est la leur, voyage aisément dans le temps, serait elle intemporelle ?

C’est avec OBONGJAYAR que je poursuis cette première soirée des Transmusicales. Il faut dire que l’artiste nigérian-britannique au style inclassable, mêlant afrobeat, soul, spoken-word et électronique est attendu. Sa singularité repose avant tout sur une voix très expressive, capable d’être tour à tour grave, rugueuse ou aérienne. À travers ses chansons, il explore des thèmes profonds comme l’identité, la diaspora, la spiritualité et les tensions sociales, en puisant dans son parcours personnel entre le Nigeria et le Royaume-Uni. Révélé par plusieurs EP remarqués, il s’impose pleinement avec son premier album Some Nights I Dream of Doors en 2022. Il confirme ensuite sa maturité artistique avec Paradise Now en 2025, un projet plus audacieux et affirmé. Ses collaborations avec des artistes comme Little Simz, Fred Again.. ou Danny Brown renforcent son statut d’artiste hybride et visionnaire de la scène contemporaine. Un atout de plus dans sa poche, ou du moins sous son Tee shirt, sa musculation. Il n’éprouvera aucune difficulté à hotter celui ci puis à taper du pied sur la scène et dans l’oeil d’un public conquis.

Minuit sonne et pour une première soirée, il est temps de prendre le bus et de rentrer en Trans port commun à Rennes. 2 jours et nuits nous attendent encore.

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