WAR RAOK’N ROLL #4 Saint-Agathon (22) Salle La Grande Ourse 24 Mai 2025
Retour en consigne pour les verres plastiques estampillés Brasserie Distoufer avec cette seconde journée du War Raok’n Roll n°4.
L’espace Grande Ourse de St Agathon est toujours bien agencé, avec son hall d’accueil baigné de stands Tatouages-percing. En cette fin d’après midi, la « patientèle » se fait gentiment dessiner sur la peau, à l’encre de chine, des tatous pour la vie. « Epaule tatoo » comme le chantait Etienne ! Ecoute trop légère pour une grande partie du public qui étonnamment ne semble pas curieux de prêter l’oreille au début des concerts ! C’est vrai que le slogan de la brasserie est » La bière Rock qui décapsule » et que là, le houblon coule en pression pour les 400 personnes présentes. La jauge augmentera au fur et à mesure de la soirée, sans toutefois dépasser les 700 personnes, autorisées sur le parquet central.
On démarre donc en catimini par le groupe rennais Bops, fondé voilà 10 ans par trois frères (Louis, Oscar et Germain). Ils chantent à deux voix, parfois à trois et il se dégage de cette pop joyeuse des faux airs de Beach Boys, ou des Kinks. Le set se modernise, les titres de leur premier album éponyme se suivent avec interludes phrasés sur les gens de Rennes et les autres. Cette fois c’est moi qui suis de « mauvaise foi » ( nom de leur label parisien au passage) c’est de la gentille chambre. Malgré tout, je zappe la fin du set, échappé déjà du côté de la grande salle ou les répétitions sonores du groupe suivant attirent la curiosité de mes oreilles de vieux « rockers ».
S’articulant autour de garçons qui s’appellent presque tous François (au moins 3), les puristes et fans reconnaissent immédiatement des anciens membres issus des Roadrunners, Fixed Up, City Kids ou Backsliders nommés désormais Les François premiers. Les « anciens (60 ans) sont épaulés (Tatoo) d’une paire de « jeunots » dont le sautillant Cyril. Ces cinq là, réaliseront en prime time, le concert le plus salué du week-end. Rien que sous vos yeux et pour le plus grand plaisir des photographes, les boots sont pointues, le slim noir colle aux gambettes et les chemises bariolées sont du plus bel effet. Ajoutez à cela, les bagouzes qui vont bien et les Rayban de 20h30 et nous voilà plongé dans 1h de bon Rock and Roll classieux avec guitares telecaster en prime . Le bon mot étant au rendez-vous, c’est François Pandolfi qui fit la blague : « puisqu’il dise tout faire… » et se voir offrir les 5 pintes de bière Distoufer ( rapidement renversées sur scène). Bravo ! et dire que le jeune Cyril ( tambourin et mandoline) assurera après cela, le jeté de gobelet ( sur la tête d’un guingampais) et à la fin de la soirée, le jeté de vinyle sous le pseudo DJ Vif Argent : belle énergie !
Avant cela, vont se succéder deux autres groupes . Encore une histoire de frère avec The Bloyet Brothers. Les trois frangins Quentin, Sylvain et Vincent Bloyet ( from Redon) jouent du rock inspiré des années 1970. Parfois blues tantôt psychédélique, entre The Doors, Deep Purple, ou Led Zeppelin. Rock enchanteur pour les spectateurs arrosés d’une pluie fine, mais au coeur allégé par l’ambre de l’IPA. Volute de fumée délicate s’échappant des doigts bagués de cette jeune spectatrice souriante qui OSE au premier rang.
Trêve de Madame rêve, la nuit je mens (ge) et me délecte de ce bon vieux sandwich, avant de terminer cette soirée avec le groupe local ( from St Brieux) les SBRBS.
En attendant, la sortie de leur prochain album et rodé au scènes de festivals ( Fêtes du bruit, Vieilles charrues et Art rock en Juin prochain), le trio composé de Marie Herbault à la basse, Hadrien Benazet à la guitare et Franck Richard à la batterie révèlent un son brut et lumière blanche aux spectateurs hypnotisés. Tels des lapins pris dans les phares d’une voiture sur les routes de campagnes entre Brest et St Brieux, c’est donc à Saint Agathon que la musique des SBRBS fige un public très calme. Les guitares sont rudes, les Kicks assénés sur cette batterie surélevée raisonnent comme le tonnerre qui suit chaque flash des néons blancs entourant la scène. Merci au passage à l’ingé lumière qui 1h30 avant le show disposait ces alignements de post-it rose sur scène afin de prévisualiser l’effet à venir de ce chemin de lumière.
La température est un peu plus chaude, mais l’orage n’est pas encore là. Ce n’est pas ce soir que déborderont les torrents d’enthousiasme et de slams attendus.
Sans attendre la fin du set ( l’occasion me sera redonnée de revoir les SBRBS), c’est en photographe rassasié que je quitte la Grande ourse juste avant minuit dans mon carrosse mécanique. Une dernière photo des alignements de futs de bières positionnés tels des menhirs et je soulève mon verre plastique (consigné) en hommage aux bénévoles et organisateurs de ce festival qui propose en accès libre ( entrée gratuite) une musique live et une bière Rock.