MUTATIONS FESTIVAL BRIGHTON JOUR 2

Samedi 08 Novembre 2025.


Comment fais tu quand tu te lèves avec un mal de dos ( lié à ton âge) et un mal de tête ( lié à ton dos, en tous cas pour moi), pour retrouver un semblant de forme et d’enthousiasme pour repartir en Festival? La chimie naturelle, tout simplement. L’euphorie du quinqua devant un programme musical dès plus réjouissant.

Notre premier rendez vous a lieu à 14h avec un groupe dans mon viseur BloodWizard, longuement écouté en amont de ce séjour. Il faut dire que l’album « Grinning William » claque particulièrement bien et que son titre d’introduction « Science Fiction » encourage l’auditeur à poursuivre l’écoute. La pochette d’une bouche souriante mais ensanglantée titille aussi la curiosité du même auditeur et conduit celui ci a explorer l’univers visuel et sonore de Cai Burns le leader band de ce groupe. Cai, l’anglais ( vous l’auriez deviné) vient de la scène rock / grunge ou il officie pour le groupe Kagoule, mais son projet solo avec Blood Wizard est beaucoup plus libre, introspectif et varié. Il combine des influences folk, indie et avant-garde et écrit des chansons qui oscillent entre mélancolie, humour et poésie. Sur son second album , il est accompagné de la claviériste Faye Robinson qui apporte également son complément de voix.
Une photo de lui , cheveux verts à la brosse est imprégnée dans mon esprit et je me dis , en découvrant une nouvelle salle, le Green Door store que la dite couleur ne peut que nous porter chance. L’endroit est superbe, 2 portes vertes, une ancienne manufacture en brique rouge transformée en pub. Puis on devine une entrée intérieure, tapissée de rideaux de velours noirs suspendus sous le portrait Kitch d’un acteur bollywoodien (vague ressemblance entre David Hasselhoff et Jordan Bardela). On y entre et découvrons une salle au sol jonché de pavés façon écurie ou le son coule dans nos oreilles comme coulait le jus de raisin ou de pomme dans ce qui pourrait être une ancienne cidrerie à moins que ce ne soit un corps de ferme abandonné ( ah non ça c’est Dominique!).
Qu’importe, l’endroit est déjà rempli et c’est de « trop » loin, que je découvre le visage de Cai Burns. Je m’attendais à plus d’excentricité et le démarrage du concert trahit les 30 ans du jeune homme. On est plus sur de la folk, avec de temps en temps des touches grunge. C’est plaisant, mais peu puissant. Je m’avance et file au 1er rang, après tout j’ai le bracelet de l’accrédité photos et j’ai raison d’en profiter. L’endroit est petit et on est à peine 100, ce qui rend l’instant « privilégié ».
Le concert avait commencé avec le morceau « Babytooth » ou Cai semblait nostalgique de ses dents de lait, il se terminera sur « Big Fish », temps fort de l’album et de ce set.

Ne nous emballons pas, le meilleur est à venir et il pourrait surgir plus vite que prévu. Le travail d’écoute réalisé par la fine équipe ( Me and Mick…) a ciblé un futur gros poisson. Attention le Nightbus fait un arrêt au Green door dans 1h30. Du cidre, du poisson, ça m’a mis en appétit, allez un passage au Falafel et on revient.

Ligne 26 le groupe Nightbus fait un arrêt au terminal Green door, il est 16h.
Attention aux angles morts avec justement ce 1er morceau « Angles Mortz »!
On ne les a pas vu venir ces 3 là ( ils sont 4 sur scène avec la batteuse).
Officiellement pourtant Nightbus ne conduit que 3 personnes : Olive Rees (chant / guitare / synthé), Jake Cottier (guitare, production) et Zac Melrose (basse).
Une histoire de rencontre à l’université de musique de Manchester (tiens tiens !) puis de collocation et enfin un premier album, fraichement sorti : « Passenger » (10 octobre 2025).
Nightbus mêle post-punk, trip-hop et électronique nocturne pour créer une musique sombre et anxieuse, teintée d’une atmosphère cinématographique. C’est pas moi qui le dit, mais eux .
Ce premier album témoigne déjà d’une belle maturité chez ces jeunes adultes de 25 ans aux portes du succès . On y retrouve des influences de groupes comme The Cure, Chromatics, ou the XX. Tous ce qu’on aime!
30 minutes de concert, c’est un peu moins que la durée de leur album et après 7 titres, il nous faut déjà descendre du bus.
Voyage agréable, pas encore inoubliable mais très prometteur en effet.
Tiens au fait mon stagiaire de 3ème, va certainement passer en seconde. Pourquoi? par ce que celui que j’ai malencontreusement épeler MICK se prénomme MIKA.. et il a fait preuve d’initiatives très intéressantes. Son enthousiasme pour cette musique et ses attachements mancuniens, lui font dire que Olive, « elle a tout d’une grande » . Il témoigne de vive voix de sa satisfaction au groupe, à l’arrière du bus Van transformé en Merch . Vu qu’ils sont descendus d’Ecosse pour ce concert , ils pourraient pousser jusqu’en Bretagne la prochaine fois, nous y avons d’excellents festivals.
CD en poche, nous voilà tout guilleret, pour attaquer l’avant dernière ligne droite et prendre une claque avec Big Special. « S’il vous plait! » comme dirait Bertrand B.

Vous comprendrez que le coup de pompe de 16h est arrivé et il n’y a pas de gouter en vue.

Un passage express par la salle Chalk avec le groupe Brown Horse, histoire d’écouter Leur musique mêlant sonorités folk, alt-country, et rock des années 90. Pas le temps de s’enflammer pour le banjo!

Direction Patterns et sa succession de groupes que je me contenterai d’évoquer, à savoir Ebbb , trio Londonien ayant fraichement signé sur le label Ninja Tune et proposant une production électronique immersive faite de synthés, et de vocaux superposés façon Isaac Delusion.

Est ce la configuration du site ? mais cette musique qui semble échapper à la gravité sur disque a eu ,dans cette salle au plafond bas, du mal à décoller. Le ciel était rouge feu et le groupe suivant a eu la peau de mon Invité Précieuse ( Please read the previous episodes to understand this private joke) qui quittera précipitamment la salle avant 19h.

Avec un nom pareil et des compositions strictement instrumentales Waldo’s Gift, n’était pas un cadeau pour ma VIP. Une Tisane, un doliprane et au lit, on n’ est pas loin de la quarantaine anglaise !
Signe prémonitoire, les membres du trio expérimental – jazz originaire de Bristol, ne portaient par leurs chaussures. On y voyait les chaussettes ! et il ne manquait que le bonnet de nuit pour épuiser définitivement les sceptiques de l’improvisation.

Dommage, car les choses sérieuses recommençaient trente minutes plus tard avec deux jeunes hommes en pleine forme Good Health Good Wealth.
On ne prête qu’aux riches et la nature ayant gâté les jeunes hommes, ces derniers pouvaient pavaner sur le titre « Beautiful Boy ». GHGW est un duo londonien formé de Bruce Breakey (chant) et Simon Kuzmickas (guitare, MAC). Leur musique est un mélange indie, hip-hop britannique, funk, dance et pop alternative avec des références allant de The Streets à Mac Miller. Bruce spoken-groove, quand Simon le lituanien, joue les beaux gosses et prend la pose régulièrement avec sa guitare.
Ses lunettes de soleil le protègent des rayons au fur et à mesure que le soleil se couche à l’horizon.
He les gars ! il est déjà 20h30 et en Angleterre il fait nuit depuis 16h30. Ce qui pointe à l’horizon derrière les spots rouge est encore plus intense, plus Big et tellement Spécial.

Lorsque j’ai demandé à mon stagiaire de porter ses EPI ( protections auditives), il m’a répondu avec son affront de conquérant, « Je mets pas de bouchons, est ce que j’ai une gueule de périphérique? ». Quel aplomb !
De l’audace, c’est ce que j’attendais aussi du groupe que l’on avait choisi d’écouter, ce samedi 08 Novembre, en prime time, au club Patterns : Big Special. Outsider de premier choix, détrônant de ma liste de concerts, les Lambrini Girls s’égosillant à la même heure de l’autre côté de l’avenue.
Posté depuis plus de 3 heures sur le côté de la petite scène, je n’avais pas envie de laisser mon tour et de perdre cette place latérale. Tant pis, si pour suivre ce concert, il fallait consentir à ne voir que le profil droit de Joe Hicklin, le chanteur de Big Special. Callum Moloney à la batterie complète le duo originaire du Black Country, une région des West Midlands en Angleterre. La force de Joe, je l’ai senti bien avant son entrée en scène.
Pilier latéral de l’équipe photo, je me suis retrouvé coincé entre la petite scène et les caisses d’instruments que le groupe tentaient de faire passer backstage. J’ai donc moi aussi, eu une mission de stagiaire : roadie pour 5 minutes du groupe Big Special . Pas peu fier de cette « tâche « , que je considère maintenant d’utilité publique, je me suis empressé de serrer la main de Joe et je peux vous dire qu’il en impose.
Il ne m’a fallu que d’une amorce de chanson, ponctuée de sirène-klaxon déclenchée par Callum, pour comprendre que le colosse était un gentil. Le pousse était levé au ciel et non à terre. Big Special allait tuer le Game et assurer le meilleur concert du week end. Pollice verso disait l’empereur César lorsqu’il épargnait le gladiateur. Joe oriente lui aussi constamment les pouces verts le haut, alors que la musique de Big Special ne ménage vraiment pas la concurrence. Ce mélange punk, soul, spoken word et parfois hip-hop déclenche l’euphorie du peuple anglais. « Are you Good » ? « YEEEE ! OUHHH » la barrière de sécurité avance toute seule tandis que les textes abordent la vie de la classe ouvrière, la dépression et le contexte post-industriel de cette terre noire.
Les filles sourient, les garçons hurlent, c’est une victoire de la musique. Moi je suis ravi, je ne capte rien aux longs monologues entre deux titres, mais je vis l’instant présent avec la certitude de vivre un concert Spécial et d’entendre un Grand groupe. Une heure à bouger la tête et à groover entre deux photos profilées et nous voilà rendu à l’échappée de Joe en fosse, rattraper comme un gros poisson par Callum tirant sur le fil du micro. Accolades, standing ovation et fin de concert.
Pendant ce temps « Mikaël » toujours sans bouchons m’a rejoint par le périphérique et affiche une satisfaction des grands soirs. On a pris une claque et parce que « Mik » aime l’Angleterre, sa musique, sa bière et ses traditionnels haricots blancs à la sauce tomate il m’entraine dans les loges pour une accolade avec le duo et une série de photos ratées. Ici pas de service de sécurité ou de proviseur, le compliment est accepté et nous repartons libre et heureux. « Everything is OK » et mois aussi j’adore l’Angleterre.

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