Festival Art Rock 43e édition • 22 mai 2026 • Saint-Brieuc
La 43 ème édition de Art Rock commence ce vendredi 22 mai et il fait déjà 30 °c à l’ombre, un avant goût d’un été de canadair (BB) pour commencer ce week-end musical. Il est 18h30 et le festival affichant depuis plusieurs jours « Sold out », les organisateurs, programmateurs et spectateurs ne peuvent qu’avoir le sourire en cette fin d’après midi lorsque Marguerite entre en scène.
Comme moi, elle a le sourire et probablement un peu le trac. Elle, parce que passer de la Star-Ac et son château à Art Rock et sa place Corbillon, il y a un pas, que seuls les plus courageux (ses) peuvent franchir. Moi, parce que pour la seconde fois, j’ai la chance de couvrir côté Crash barrière ces 3 jours de festival. La jeune artiste, comme la fleur en décor, touche par sa douceur naturelle et son élégante simplicité. Entre émotion à fleur de peau et espièglerie assumée « les filles, les meufs » , Marguerite Dedeyan de son vrai nom poursuit une ascension évidente. Il parait en plus qu’elle se lance dans le cinéma : une nouvelle jehnny beth, version calme?

Nous voilà déjà sur la scène B ou GILDAA ( Camille Constantin Da Silva), l’artiste franco-brésilienne, casse déjà tous les codes. Atypique et hors normes : nous sommes autorisés à shooter les morceaux 2, 3 et 4 depuis le crash. Quid du n°1 ? ou elle apparait « grimée » avec son allure de vieille femme et ses bigoudis dans les cheveux. Une beauté cachée, qui finira par se dévoiler le temps d’un set ou l’artiste vous fascinera ou vous déconcertera par sa capacité unique à passer de la fragilité la plus intime à une véritable transe en quelques secondes. L’émotion brute a dès lors pris le dessus sur le reste.

Que dire de Sébastien Tellier ? Qu’il incarne depuis plus de vingt ans une certaine idée du “cool” à la française, entre élégance nonchalante, poésie singulière et goût pour l’exploration sonore. Multi-instrumentiste et artiste visionnaire, il signe avec Kiss The Beast un septième album qui revisite l’ensemble de son univers musical, mêlant pop, électro et ballades oniriques dans une même matière sonore. Avec sa silhouette de dandy ( pantalon blanc, blouson et casquette étoilée), ses lunettes noires, sa chevelure et sa barbe abondante, il impose une présence immédiatement reconnaissable. Sur scène, il livre une performance poétique et empreinte de délicatesse. Un artiste au charisme singulier, difficile à oublier de jour, comme probablement de nuit.

Autre artiste reconnaissable avec son look et sa voix grave SAM SAUVAGE qui s’empare énergiquement de la scène B dès 21h30 Avec sa présence singulière et sa chevelure ébouriffée, il attire autant par son style que par son naturel.
Révélé notamment par le morceau très dansant Les gens qui dansent (j’adore), Autodidacte, influencé dès l’adolescence par Bob Dylan, il développe une écriture à la fois brute et sensible, mêlant chanson, pop, électro et rock qui parle à une jeunesse avide de soleil et de légèreté. Un concert qu’on suivra presque en intégralité car pendant ce temps sur la grande scène, DISIZ boude les photographes.

Dommage car depuis plus de vingt ans DIZIZ construit une œuvre singulière, marquée par une grande liberté artistique entre rap, pop, rock et électro. On suivra donc de loin cette performance habitée, portée par un flow puissant et une énergie qui alterne entre moments bruts et instants suspendus : briquets !
De toute façon, c’est déjà l’heure de la grande transhumance pour celles et ceux qui s’intéressent à ce qui se passe du côté de la Passerelle au dit forum. Ce sont enfin des anglaises qui pointent leur nez et guitares électriques : Lime Garden. Originaire de Brighton, ce quartet féminin propose un son énergique et hybride mêlant indie rock, électro et pop, porté par des mélodies accrocheuses, des riffs sautillants et des lignes de basse hypnotiques.
Elles revisitent l’esprit “indie sleaze” des années 2000 (The Strokes, Lily Allen) en y ajoutant une touche disco-pop et dancefloor . Confirmation, les Anglais (es) restent les meilleurs, au chant comme en chaussettes ( vive la bassiste).

Que faire ? rester en gare au Forum, ou rejoindre Last Train sur la grande scène?
Les voyages forment la jeunesse, mais vu mon âge, j’aurai besoin d’une trottinette. L’âne Trotro me conseillant de rester avec les enfants, je choisis donc le concert de MAX BABY.
L’artiste atteint de synesthésie( mélange des sens) se distingue par une approche très personnelle de la création musicale. Il associe, en effet, les sons à des couleurs et des textures, ce qui influence directement sa musique, lui donnant une intensité physique et une sensibilité unique, particulièrement perceptible en live : beaucoup de rouge côté lumière tout de même.
Une sorte de « Strokes » aux accents Français. Le chanteur producteur, sera rejoint par DIZIZ pour interpréter “melodrama“ , le « tube » qu’ils ont co-écrit ensemble, aux côtés de Theodora.
Ayant pris de la distance, c’est du balcon que j’apercevrai tout ce beau monde!

Voilà , le temps de repasser par la grande scène pour finalement regarder et écouter avec le recul nécessaire Thylacine et le voyage se termine. Clin d’oeil à William Rezé de son vrai nom, producteur de musique électronique français dont l’univers mêle électro mélodique, ambient et influences organiques, avec une forte dimension de voyage.
Il s’est notamment fait connaître pour avoir composé une partie de sa musique à bord d’un ancien train ( tiens tiens !) transformé en studio mobile, une démarche qui nourrit son imaginaire du mouvement et de l’exploration.

3 Morceaux et puis s’en vont , je rentre.
Il est 2h et il fait vraiment très bon (20 degrés) en Bretagne Nord. Pas besoin de voyager quand on a tout chez soi !