La Route du Rock Samedi 15 Août 2026 : Fontaines je t’ai raté!
Puisqu’il n’en fallait qu’un, ce sera le concert des Fontaines D.C. que je ne verrais pas, « sans jumelles » lors de cette dernière journée à la Route du Rock. Croyez moi, je m’en mords encore les doigts!
Pourtant des jumeaux, j’en ai trouvé en nombre, par centaine, agglomérés au crash barrière dès 17h30 prêts à attendre Grian et sa bande pendant près de six heures. Estampillés Fontaines D.C., aux couleurs vertes ou mauves et fans du club de foot, supporté par les irlandais.
Vous m’expliquerez comment on peut trouver cela commode, quand on a pas aux accès aux commodités! (Alain tu me le diras : private joke!). Mais je reviendrai sur ce concert un peu plus tard.

18h30 les spectateurs de scène des Remparts découvrent le jeune duo de Copenhague, Snuggle réunissant Andrea Thuesen (Baby in Vain) et Vilhelm Strange dans un univers mêlant dream pop, shoegaze et textures éthérées. Une entame chaleureuse et sincère.

La douceur se devait aussi d’être au rendez-vous de la scène du Fort, avec Hannah Harding connu sous le nom d’Aldous Harding.
La Néozélandaise s’est imposée avec une indie pop-folk singulière et raffinée et nous apparait sous les derniers rayons du soleil, comme envoutée, portée sur scène par une présence théâtrale et un regard plus que fuyant, les yeux révulsés.
C’est le début, d’une déconcentration permanente pour le photographe que je suis. L’absence de connaissance précise de l’univers mystérieux d’Aldous Harding, me conduit à échafauder toutes sortes d’hypothèses sur ce qui m’apparait encore comme le contraste saisissant d’une voix cristalline et d’un corps évadé « ailleurs ». Séparation de matières et matières à réfléchir, ne font pas bon ménage et, une fois passé les 3 titres autorisés, me voilà perdu dans cette foule attentive et silencieuse.
J’ai la mauvaise idée de prendre un peu de recul et me voilà sorti de ce concert, qui pourtant pour beaucoup restera le plus beau de ce week-end.
Tant pis pour moi! Bravo aux spectateurs attentifs qui avec le soleil dans les yeux n’ont peut être pas été déstabilisés par cet OVNI à la voix de sirène passé furtivement dans le ciel de St Père.

20h40, autour des garçons de s’emparer du micro avec les anglais de Ulrika Spacek. Avec EXPO leur quatrième album pensé comme un manifeste de la création collective le groupe anglais explore les tensions entre lien humain et isolement numérique, dans une musique à la fois immersive et singulière. Un set qui monte régulièrement en puissance sans pour autant remuer trop de poussières du fort.

Passé les 21 h, nous voilà reparti vers la grande scène, avec déjà pas mal de bouchons et pas que dans le oreilles!
A nous les grands espaces Américana. Avec dix albums salués à l’international, Kurt Vile & the Violarors s’est imposé comme une figure incontournable de l’indie rock américain. Collaborateur recherché, de Courtney Barnett à Kim Gordon, il poursuit depuis des années une trajectoire singulière, entre songwriting raffiné, liberté artistique et tournées mondiales acclamées. Chemise à carreaux et cheveux longs attendus, mais pas que ! La voix est claire et, derrière là aussi un regard fuyant, on sent une personnalité attachante et un talent fou.

La grande question se pose dès lors. Faut t’il stopper dès à présent nos aller-retours et se positionner à 30 m de la scène en attendant la grande messe du Rock, ou peut on encore s’affranchir de l’avant dernière Crash barrière et allez photographier FRIKO? Dilemme car je l’avais annoncé, FRIKO pourrait être la révélation de cette édition.
Je l’ai donc fait ce dernier pèlerinage, abandonnant toute possibilité de retour vers les côtes Irlandaise. Nager à contre courant est impossible quand près de 13500 personnes sont présentes dans cette mer malouine.
Je n’ai pourtant pas été déçu ( sur le moment ) de ce choix. Car Friko a assuré, et de quelle manière ! . Entre noise rock, influences classiques et envolées symphoniques, le groupe de Chicago déploie une musique intense et généreuse, nourrie par l’énergie de ses 4 membres et l’enthousiasme affiché d’une jeunesse affamée.
Les envolées lyriques de son leader Niko Kapetan à la voix « Gracieuse et Bucleyenne » et la virtuosité du jeux de basse et de guitare de David Fuller et Korgan Robb font décoller un public de niche se retrouvant là, non par hasard. La gueule de bois sera pour demain profitons de cette découverte et apprécions le moment! J’en connais même qui réserveront déjà leur place pour un concert des américains à venir du côté de Londres. Alors révélation?

Minuit approche et nous voilà placés à 150 m de la scène du Fort en attendant les Fontaines DC.
Il y a bien longtemps que le site n’a pas vu une jauge pareille. Impossible de passer le chapiteau ou même les tables sont prises d’assaut. L’alcool coule à flot et la Manche est agitée, le bateau ivre expérimente ses excès, les gens paraissent heureux. La plateforme VIP et PMR sont dans mon angle de vue, alors c’est borgne que j’écoute les Irlandais. De si loin et même en montant sur une table je n’ai pas vu les chaussures de Monsieur Grian . Un concert de 16 titres avec deux nouveautés et des enchaînements un peu lents.
La nostalgie ou la frustration me gagne, car J’ai le sentiment que ce groupe, découvert en 2019 à Art Rock est passé d’intime à mainstream. La célébrité leur va bien, mais la transformation physique de ces « jeunes adultes » nous entraine d’un post punk tendu à une pop à la « coldplay » version 3.0, avec du rose, du vert, du fluo, mais heureusement pas encore de bracelets connectés. Probablement la prochaine étape d’évolution car avec une telle set-list l’eau des Fontaines reste désaltérante et terriblement efficace.
C’était sans doute la dernière fois qu’on pouvait les voir avec cette « petite » jauge et je les ai raté! On les retrouvera peut être aux Vieilles Charrues devant 50 000 fans en 2027.

Je n’ai plus trop le cœur à l’ouvrage, mais je fais un saut tout de même sur la scène des remparts à 01h40 pour observer le concert de Chest. Entre riffs abrasifs, énergie brute et refrains accrocheurs, le groupe parisien s’impose comme l’un des nouveaux visages du post-punk et du noise rock, avec un premier album très attendu en préparation. Ce soir ils ouvrent la dernière partie du festival, hyper heureux d’être là et bougeant ciel et terre. Mes chastes oreilles ne tiendront que la durée des photos, elles ont pleines mais toujours vivantes.

Au revoir La Route du ROCK édition 34. Merci pour ces 4 journées intenses et belles.
Sous le soleil exactement. A mon tour de m’éclipser mais promis je reviendrai !